Plus qu'un tour du monde à vélo, un projet de rêves, de partages et de défis Suivez-nous à travers les 6 continents : Europe, Afrique, Amérique, Océanie, Asie et Antarctique
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C’est aux USA, à Phoenix dans l’Arizona que nous venons de récupérer Etienne à l’aéroport et entamons maintenant un nouveau voyage. Nous serons 4 pour remonter jusqu’en Alaska. Avant de reprendre la route vers Las Vegas puis les montagnes de la Sierra Nevada en Californie nous vous proposons ci-dessous quelques articles, photos et vidéos de nos dernières semaines dans les régions désertiques du Nord du Mexique.
Désert de cactus
Dans un premier temps nous partageons avec vous notre vision des USA alors que nous roulons depuis plus de deux semaines avec de grosses journées sur les routes mexicaines sans un seul jour de repos. Dans le même article Etienne vous fait partager ces derniers instants de préparatifs à quelques jours du départ. Ensuite nous avons rédigé un petit bilan de nos 47 jours passés dans ce grand et dernier pays d’Amérique Latine. Nous parlons de nos rencontres avec ceux qui sont passés clandestinement aux Etats Unis, nos vacances de Noël entre Puerto Escondido et Playa Nexpa ainsi que notre passage dans la capitale du narcotrafic, Culiacan. Sans oublier de dévoiler nos difficultés à faire les 2800km en un peu plus de 3 semaines… Enfin, après avoir découvert nos photos du Mexique, nous expliquons les répercussions positives et les portes que nous avons pu franchir grâce aux 3min48sec de notre dernier film : 490 jours d’Aventure et de Challenges
USA à l’horizon
Alors que nous roulons depuis trois semaines avec une seule pauvre journée de repos, nous rêvons d’un peu de changement…
Nouvelle langue et mode de vie différent, c’est un nouveau monde qui nous attend une fois passé la frontière à Nogales pour arriver en Arizona dans le pays de l’oncle Sam. Certes nous allons nous adapter à ces nouvelles contraintes mais aussi nous allons profiter de ces avantages. Et tandis que nous pensons à tout cela pendant nos longues heures de vélo dans le désert mexicain, Etienne se prépare à nous rejoindre… Lire l’article complet ici
Le Mexique : ça vaut le détour
Agriculteurs mexicains
47 jours et 75kg de tacos, 3 jours et 900km d’auto-stop, 25 jours et 3000km de vélo, le Mexique est immense et nous l’avons bien constaté. Du climat tropical aux régions désertiques, en passant par la côte pacifique et ses superbes falaises se jetant dans l’Océan Pacifique, le Mexique et les mexicains nous réservent un accueil beaucoup plus agréable et intéressant que ce que ce que nous avions pu imaginer en écoutant les uns et les autres.
Après 3 jours de galères et quelques anecdotes nous remontons sur nos vélos en direction d’un petit coin de paradis où nous fêterons le nouvel an et profiterons de deux semaines pour mettre à jours notre site web, nos images et nos textes. Ensuite nous remontons tout le Mexique jusqu’aux USA, passons une nuit à Culiacan, la capitale des narcotrafiquants, faisons quelques interventions à la télévision nationale et régionale et traversons des zones désertiques où les longues lignes droites nous rendent fous… enfin, presque fous Lire l’article complet ici
Le Mexique en images
3000km à travers ce grand pays. Changement de climat, côte Pacifique magique, découverte du désert et ruée vers les USA. Nous avons sélectionné 57 photos pour essayer d’illustrer au mieux ce que nous avons vécu au pays des Tacos, des moustaches et des “sombrero”…
Vidéo spéciale : 490 jours d’aventure et de challenges
Vous avez certainement déjà reçu cette vidéo dans un mail spécial envoyé à la fin du mois de janvier. Nous souhaitons tout de même vous donner plus d’information sur les répercussions positives et les portes que nous avons pu franchir grâce à ses 3min48sec d’images en haute définition.
Solidream avance
Dans un premier temps nous souhaitons vous annoncer que nous avons reçu un mail de l’organisation du Festival de film de Portland “Filmed By Bike” des plus encourageants. Avant de nous annoncer que notre film sera diffusé lors de la soirée d’ouverture du festival, ils nous précisent que le jury a été “hypnotisé” par les séquences que nous avons filmé et que nos images leur font croire que nous “roulons sur une autre planète“. Pour le projet Solidream cet évènement est très important. Si nous n’avons pas l’ambition de remporter le premier prix nous avons au moins le grand espoir de partager notre projet au plus grand nombre. En effet la ville de Portland est parfois considérée comme la capitale mondiale du vélo.
Maintenant aux USA, nous constatons mieux l’impact que cette vidéo peut avoir sur les gens. En effet, nos hôtes, ici à Phoenix, ont invité leurs amis à un dîner “Solidream”. Après leur avoir concocté des bonnes crêpes à la française avec une vinaigrette “home made” et des bananes flambées au rhum en dessert ils étaient dans les meilleures conditions pour visionner notre film projeté sur le grand mur blanc du salon. Le film fait son effet et nous avons plaisir à répondre à leurs questions. S’en suit LA question : Comment pouvons-nous vous aider ? Nous leur répondons que nous souhaitons profiter de notre passage aux USA pour mieux faire connaître notre épopée mais que nous avons un carnet d’adresse très limité. Le lendemain Laura nous envoie un “dossier de presse Solidream” parfaitement rédigé en anglais, Rosemary prend rendez-vous pour nous avec le directeur du développement d’une entreprise de Web Marketing tandis que Philip et Rhonda téléphonent à Surly (marque de vélo reconnue) pour leur demander de d’aider Solidream… Nous sommes dépassés par les événements et essayons de faire de notre mieux pour exploiter toutes les pistes que ces gens nous ont ouvert. Les USA et l’esprit d’initiative des américains nous comblent de joie et la solidarité dans ce pays parfois cité comme “individualiste” nous conforte dans notre théorie… la solidarité n’a pas de frontière.
47 jours et 75kg de tacos, 3 jours et 900km d’auto-stop, 25 jours et 3000km de vélo, le Mexique est immense et nous l’avons bien constaté. Du climat tropical aux régions désertiques, en passant par la côte pacifique et ses superbes falaises se jetant dans l’Océan Pacifique, le Mexique et les mexicains nous réservent un accueil beaucoup plus agréable et intéressant que ce que ce que nous avions pu imaginer en écoutant les uns et les autres.
Notre route au Mexique
Après 3 jours de galères et quelques anecdotes nous remontons sur nos vélos en direction d’un petit coin de paradis où nous fêterons le nouvel an et profiterons de deux semaines pour mettre à jours notre site web, nos images et nos textes. Ensuite nous remontons tout le Mexique jusqu’aux USA, passons une nuit à Culiacan, la capitale des narcotrafiquants, faisons quelques interventions à la télévision nationale et régionale et traversons des zones désertiques où les longues lignes droites nous rendent fous… enfin, presque fous
« Mon vélo n’est pas plus utile qu’un caddie de supermarché » Brian 22/12/11
Le 21 décembre 2011 nous sommes encore au Guatemala, à 55km de la frontière mexicaine, et nous avançons vite pour rejoindre nos amis pour le jour de l’an. Alors que nous sommes dans une côte bien abrupte Brian nous crie «Stop !». Fragilisé par nos kilomètres dans la boue et les graviers, le pédalier s’est sectionné en deux sous l’effort. Nous constatons rapidement que nous ne trouverons pas de matériel de remplacement suffisamment solide et nous ne voulons pas faire de réparation de fortune étant donné les kilomètres que nous devons assurer chaque jour, du rafistolage ne tiendrait pas bien longtemps…
Nous choisissons donc l’option «auto-stop». Nos techniques : allonger nos vélos au sol, ne pas rester collés les uns aux autres pour ne pas laisser croire les gens que nous cachons quelque chose, se poser prêt d’un feu rouge ou d’un « dos d’âne » pour avoir l’opportunité de pouvoir discuter avec les gens ou alors dans des coins paumés, là où les gens sont toujours plus sensibles à l’entraide. Nous voici donc, à 5 ou 6m les uns des autres, en train de faire le spectacle au bord des routes… Et quand ça ne marche pas, Brian monte sur son vélo et nous le poussons, chacun d’un côté, la main appuyée sur son dos, pour aller rejoindre un endroit où la chance sera de notre côté. Un jour nous le poussons pendant plus de 40km… Un autre jour nous montons dans 10 véhicules différents pour avancer d’à peine 300km…
Auto-stop avec nos vélos
Cette étape, quoique difficile nerveusement, a été pour nous une occasion de rencontrer les locaux et d’écouter leurs histoires. Extrait du journal de bord de Morgan : “Une main sur le volant, une croix catholique suspendue à son rétroviseur et vêtu d’une belle chemise, Fernando s’arrête pour nous prendre alors que la nuit est en train de tomber et que nous attendons depuis des heures sous un soleil de plomb. Je monte à l’avant et entame la discussion. J’apprends rapidement qu’il a passé 10 ans, clandestinement, aux USA avant de revenir monter sa propre affaire dans l’état de Chiapas. Je lui demande s’il peut m’expliquer comment il a réussi à passer la frontière et voici les grandes lignes de sa réponse : il a récupéré, grâce à un ami, l’adresse d’un « contact » à Phoenix, en Arizona. De là il a commencé à s’entraîner à marcher dans les montagnes pendant plusieurs semaines. Une fois en pleine forme il est parti en bus dans la région frontalière des USA et a commencé à marcher en direction des zones désertiques et inhabitées. Puis il a pris la direction du Nord en veillant à marcher uniquement la nuit et en évitant de croiser la moindre personne. Il m’explique que les seules personnes qu’il a vu étaient des cadavres de gens qui essayaient, comme lui, de traverser à pieds et mourraient de soif sur le chemin… En effet, suivant la période, les journées peuvent monter à plus de 50°C et les nuit bien en dessous de 0°C. C’est ainsi qu’il arrive à rejoindre la ville de Phoenix où il rencontre le « contact » et lui remet l’équivalent de 10 000 $. Celui-ci le met dans un appartement, avec d’autres mexicains, et lui explique qu’il doit attendre là qu’on lui trouve un endroit où « l’envoyer ». Chaque semaine ils changent d’appartement pour ne pas se faire repérer par la police. Enfin vient le moment où on « l’envoie » dans l’état de New York où il va cumuler deux boulots : le jour il travaille dans le nettoyage pour un hôtel et la nuit dans une usine pour faire de l’assemblage. Cela durera 10 ans… mais il y a un an il est revenu avec suffisamment d’argent pour monter son affaire, conduire son beau 4×4 et faire vivre toute sa famille. Son sourire en dit long sur sa fierté. Je le regarde avec admiration mais aussi avec un peu de gêne. Mal à l’aise de ne pas réaliser plus souvent la chance que j’ai d’avoir un passeport français… “
C’est incroyable le nombre d’histoires plus ou moins similaires que nous avons pu entendre pendant ces quelques jours à sauter d’un pick-up à l’autre. Nous n’oublierons jamais cette femme qui nous explique que son mari et son enfant sont encore en Californie tandis qu’elle s’est faite expulser. Voici 6 ans qu’elle essaye de revoir son bébé devenu grand… Nous pensions qu’en Amérique Centrale les gens vivaient trop dans le « rêve américain » mais il semblerait que le Mexique soit bien plus atteint par ce fléau.
Notre cadeau de Noël : l’année 2012
Plus que quelques km...
Le 24 décembre, après trois jours de chasse au trésor, nous arrivons à Puerto Escondido et trouvons enfin la pièce qu’il nous faut. Chose exceptionnelle, nous nous payons une chambre d’hôtel pour le soir de Noël. Ainsi nous pouvons laisser nos vélos en sécurité et partir à la rencontre de ceux qui, comme nous, fêterons Noël dans la rue.
Après une nuit de fête, nous repartons, la tête un peu enfarinée, le 25 décembre vers midi, en direction du Nord… En effet nous devons être à Playa Nexpa, 800km au nord, pour le 31. Nous avons rendez vous avec des amis. Non sans mal nous arrivons à temps et fêtons le nouvel an sur une plage perdue en sirotant quelques bières autour d’un feu. L’année 2012 démarre dans le calme et la sérénité.
Après deux ou trois jours à profiter de la plage, des vagues et d’un peu de repos nous nous remettons au travail : films, photos, textes… C’est à ce moment là que nous travaillons pour réaliser un film de 3’48” qui résumera nos premiers 490 jours de voyage. Puis nous faisons d’une pierre deux coups et présentons notre film au festival du film Filmed by Bike à Portland en Oregon USA. Ce festival se déroule au mois d’avril 2012 et nous prévoyons d’y passer en vélo à cette période : just perfect !
La drogue : un sujet loin des tabous
Si le trafic de drogue est un thème qui revient souvent dans nos derniers articles, c’est pour deux raisons : les gens y sont toujours confrontés de plus ou moins loin et c’est une mauvaise image de ces pays que nous aimerions aborder. Le Mexique baigne clairement dans cette sale réputation de pays maillon de cette grande chaîne de la drogue. Et comme à chaque fois, nous tempérons cette réputation : «Suerte !» (Bonne chance) ou «Que le vayan bién !» (Bonne continuation), tels sont les encouragements du peuple mexicain à notre passage. Combien de camionneurs enjoués de nous voir sur l’autoroute nous ont salué ? Combien de voitures nous ont klaxonné pour nous encourager ? N’avons-nous pas été très bien accueilli par nos SolidHosts mexicains ? Notre message devient clair au fur et à mesure de notre avancée autour du monde : oubliez les mauvaises réputations car, la plupart du temps, le voyage vaut le coup d’être vécu !
Evidemment, se balader en tant que touriste baroudeur au Mexique n’est pas le moins risqué des voyages, mais les soi-disant violences se passent entre les narcos. Brian n’hésite pas à déclarer à la TV nationale à Culiacán, suite à une question d’un journaliste sur la sécurité au Mexique : «Je n’avais pas réalisé que j’étais dans la capitale des narcotrafiquants avant d’arriver ici. Je pense qu’en vivant loin des activités de ce trafic, on vit une vie normale ici et rencontrons des gens chaleureux.» Le trafic de drogues est une activité omniprésente. Nous nous sommes donc rendus dans le petit sanctuaire en hommage à Jesús Malverde, le saint des narcos qui, soit dit en passant, n’est pas reconnu comme saint par l’Eglise. Dans ce lieu, vous pouvez même laisser quelques billets en espérant que celui-ci vous protège lors de votre prochaine cargaison de drogue destinée aux américains. Une pratique rentrée totalement dans les mœurs.
Remontée express
Apres notre période de pause a Playa Nexpa dans l’état de Michoacán, nous devons faire plus de 2400km en 24 jours jusqu’à Phoenix aux USA pour notre rendez-vous le 10 Février avec Etienne. Cela représente 100 kilomètres par jour de moyenne et nous nous disons que cela sera largement faisable sauf pépin. Les premiers jours sont durs dans le relief valloné de la cote pacifique mexicaine, avec plusieurs journées d’affilée à plus de 100km et 1000m de dénivelé positif, digne d’une étape de montagne, mais avec la chaleur en bonus. Un jour, Brian est victime d’une crise de manque d’apport glucidique : « Ça m’était déjà arrive avant en jouant au squash après un petit déjeuner trop léger. Les symptômes sont les suivants : ma vision se trouble jusqu’à ce que je ne puisse plus y voir assez pour faire quoi que ce soit. Ensuite, la vision revient et commence une migraine très douloureuse. S’ensuit une fatigue extrême qui m’immobilise pour la journée. C’est la deuxième fois que je vis ça dans le voyage, et j’ai trouvé un moyen d’arrêter ce type de crise : il suffit de manger le plus vite possible lorsque la vision commence à se troubler, de préférence du sucre qui s’assimile vite par le cerveau. Après je peux repartir sans soucis.»
Manque d'apport glucidique
Une fois passée la côte vallonée, nous voici sur la Ruta 15 en direction de Nogales ou nous passerons la frontière. Nous nous apercevons très vite que nos journées de 150km ne nous donnerons pas beaucoup d’avance pour faire une pause car les estimations de Google Maps paraissent fausses. C’est en fait près de 2800 km effectifs que nous devrons parcourir jusqu’à Phoenix, entre les détours à vélo et les erreurs de prédiction… Nous passons des journées de plus de 7h de vélo en moyenne sur des lignes droites à n’en plus finir.
Siphay écrit : “Cette partie était dure pour le moral. Certains locaux ont dû même nous prendre pour des malades mentaux lorsqu’ils nous entendaient crier pour nous divertir et mieux faire passer les immenses étendues de champs. Je n’oublierai pas ces instants où il faut déjà remonter sur nos bicyclettes après 10 minutes de pauses et que je n’ai pas envie d’y retourner! Seulement d’arriver dans ce nouveau pays…” Les bananiers et cocotiers du climat tropical laisse place aux champs de maïs, puis ceux-ci aux cactus et au désert. Le climat se refroidit doucement mais surement en direction du nord et de notre point de mire : les USA. Sur nos vélos, nous discutons beaucoup pour passer le temps, alignons les blagues et conneries en tous genres comme une bande de trois meilleurs potes motivés peuvent le faire. Bizarrement, si la route est horriblement lassante, l’ambiance est excellente. Nous sommes heureux d’être ensemble.
Cerise sur le gâteau
Le dernier jour en direction de Nogales, nous faisons 140 km et montons de 1000m, en partant à 6h30 du matin de nuit pour passer la frontière de jour. Arrivés à destination en fin d’après-midi, nous passons sans voir de poste où faire tamponner nos passeports et arrivons devant les gardes américains en parlant espagnol, nous croyant au poste de sortie mexicain. Nous devrions retourner 10 kilomètres en arrière en montée pour faire le tampon, mais le garde nous rassure : «Don’t worry guys, you’re in the States now.» Comme une récompense, nous n’aurons pas payé les 265 pesos (environ 16€) pour sortir et, par dessus le marché, le visa que nous avions peur de payer 90€ pour 3 mois nous coûte 6$ ! Ravis de cette performance et de ces bonnes nouvelles, nous entrons aux USA remplis de joie pour une aventure totalement nouvelle.
Alors que nous roulons depuis trois semaines avec une seule pauvre journée de repos, nous rêvons d’un peu de changement…
Les longues lignes droites du Mexique...
Nouvelle langue et mode de vie différent, c’est un nouveau monde qui nous attend une fois passé la frontière à Nogales pour arriver en Arizona dans le pays de l’oncle Sam. Certes nous allons nous adapter à ces nouvelles contraintes mais aussi nous allons profiter de ces avantages. Et tandis que nous pensons à tout cela pendant nos longues heures de vélo dans le désert mexicain, Etienne se prépare à nous rejoindre…
Prendre les avantages du pays
Les USA, malgré la crise économique que nous suivons d’un œil, ont l’avantage d’être très bien documentés et de détenir des routes secondaires de très bonne qualité. Pour nous, ce sera l’occasion de sortir des grands axes qui, de toute façon, nous seront interdits à vélo. Nous pourrons vadrouiller dans la campagne et les grands espaces américains. Nous avons tracé notre itinéraire grâce aux routes étudiées par l’association Adventure Cycling Association, dont le but est de promouvoir le voyage à vélo en traçant des itinéraires optimisés pour les cyclistes voyageurs à travers les Etats-Unis.
Le revers de la médaille est que nous ne pourrons plus compter sur les petits restos bon marché au bord de la route pour nous laisser un coin où dormir. Sinon, nous allons bien trop entamer notre budget (8€/jour). Nous camperons et cuisinerons beaucoup plus et utiliserons à priori pas mal le système de Couchsurfing pour se faire héberger.
Etienne dans les starting block
Etienne explique sa préparation pour nous rejoindre aux USA.
“Le 10 Février 2012 : Date importante à mes yeux, puisqu’il s’agit du jour ou je décollerais de Montpellier pour rejoindre Phoenix en Arizona.
Le vélo d'Etienne
C’est en fonction de cette date qu’est rythmée et organisée ma préparation pour rejoindre SOLIDREAM sur son tour du monde à vélo. Pour celui ou celle qui, à son tour, souhaiterait rejoindre les gars, ou même qui envisagerait une aventure similaire, voici quelques lignes qui peut-être vous aideront ou éventuellement vous permettront de franchir le pas.
Comme tout conseil est bon à prendre, et que rien ne prévaut l’expérience, je me suis très fortement inspiré des conseils et remarques prodigués par Morgan, Brian Siphay et Bertrand. Aussi, dès début janvier, je suis allé à la rencontre de Bertrand, en Suisse, pour récupérer mon vélo préparé par Vélo World, partenaire de Solidream, et réaliser les réglages nécessaires pour effectuer mon périple. Ainsi, l’instant d’une soirée, j’en ai également profité pour l’assaillir de questions et d’anecdotes (enfin quand j’y repense, j’aurais dù encore plus le solliciter :) ) pour confectionner mon paquetage et répartir les affaires dans les différentes sacoches… Cela est autant important pour l’équilibre du vélo, que pour le coté pratique et facile. Ceci étant, il ne me restait plus qu’à trouver et réunir toutes mes affaires. C’est là que les “galères” commencent.. En effet, du haut de mes presque 2 m, nombreux sont les pantalons avec lesquels “j’ai le feu au plancher”, les sacs de couchages m’arrivant au nombril, etc… Bon ok j’exagère un peu.. Rien de dramatique, bien au contraire c’en est même rigolo. Autre point également amusant sur lequel pas mal de personnes m’interrogent :
- ”Et sinon… tu as fait ou tu fais beaucoup de vélo pour les rejoindre ??!! “
– ”Heu… ” cette réponse en disait long sur les heures passées sur un vélo avant le mois de janvier… (j’aurais même plutôt dit sur les secondes passées sur la selle)
Mais TANT MIEUX !! il faut bien commencer un jour. Une fois la voiture du boulot rendue, il ne me restait plus que le vélo comme moyen de locomotion… C’est décidé : je rentre d’Agen jusqu’à Montpellier en vélo. 340 Km sympathique. Une expérience éprouvante le long du canal du midi (du 06/01 au 08/01/12). Petit conseil pour les novices comme moi : afin d’éviter toutes inflammations et/ou tendinites dûes à un effort trop long il est préférable de débuter par des étapes plus courtes, même si sur le moment aucune douleur ou fatigue n’apparaît. Vous en déduisez donc que tel fût mon supplice les jours suivants :)
Ensuite j’ai donc alterné entre repos et quelques sorties allant de 50 à 80 Km. Dernièrement, équipé et chargé des sacoches, j’ai effectué 110 km pour monter en Aveyron depuis le plateau du Larzac. Deux jours après, je me trouvais sur le chemin du retour pour rentrer sur Montpellier depuis Rodez : 178 km, sur la journée du 23/01/12, à travers la campagne aveyronnaise, les plateaux du Lévézou et du Larzac, admirant le viaduc de Millau et les coteaux languedociens…
Les premiers entrainement
Chose extraordinaire, cette étape m’a permis de rencontrer sur la route, au beau milieu du Larzac, une personne passionnée par le cyclotourisme et ayant participé au dernier salon international de cyclo 2 jours auparavant. Après avoir échangé coordonnées, anecdotes et un peu de bonne humeur, Hubert nous propose de participer au prochain salon international de cyclotourisme, et ainsi faire part de l’expérience SOLIDREAM
Ces quelques jours qu’il me reste avant de rejoindre mes amis me paraissent à la fois peu pour peaufiner mes préparatifs et beaucoup tellement l’envie de retrouver mes amis est grande…”
Vivement les States !
Le Mexique a ses avantages, mais nous bouillons d’envie d’aller changer d’atmosphère de l’autre côté de la frontière, retrouver Etienne à Phoenix, lancer des « What’up man ? » ou des « Hey buddy ! » en finissant par des « Yeaaaaah ! ». Les voyageurs à vélo sont en général enchantés par les States, nous attendons beaucoup de ce grand pays, nous espérons ne pas être déçus !
D’ailleurs, nous venons de recevoir un mail d’un couple vivant à Tucson, à 100km de la frontière mexicaine. Ils nous attendent avec impatience pour le 5 février. Ils nous disent qu’il y aura une fête chez eux à l’occasion du Superbowl… ça commence bien
Plus de 23 000 kilomètres parcourus à la force des jambes, grâce au soutien des gens sur la route et aussi ceux qui nous soutiennent depuis chez eux. Pour marquer le coup, nous avons édité une vidéo spéciale résumant ces premiers 490 jours de voyage à travers le Sahara, l’Antarctique, la Patagonie, les Andes, l’Amazonie et enfin l’Amérique centrale. Comme notre dernière vidéo, nous l’avons éditée en HD, pour le plaisir de vos yeux. 1 an et demi d’aventure et de challenges compilés en 3’48 ‘’, c’est par ici que ca se passe :
Cette vidéo a été présélectionné par le jury de Filmed By Bike aux USA. Nous participerons donc à leur festival du film à Portland, Oregon, au mois d’avril prochain.
La deuxième moitié du voyage promet tout autant : la chaîne de la Sierra Nevada aux USA, l’Alaska, la traversée du désert australien, l’Himalaya et enfin le retour sur nos terres par l’Europe de l’est en 2013.
Abonnées –> 612
Jours depuis le départ –> 501
Km cumulés –> 21 600
Ce courrier, rédigé depuis la petite plage de Nexpa, au Mexique, résume nos dernières semaines passées entre terre et mer, entre volcans et océans…
Dans un premier temps nous revenons sur notre expérience au Panama ainsi que nos 3 semaines passées en famille au Costa Rica. Ensuite nous partageons nos textes et images de l’Amérique Centrale où nous avons découvert des pays parsemés de volcans et une identité culturelle perturbée par les USA. Enfin nous dévoilons les surprises de l’année 2012 : nous serons 4 pour traverser les USA jusqu’en Alaska… et la première vidéo éditée en Haute Définition est accessible sur notre site web : c’est l’Amérique Centrale qui entame la série des vidéos Solidream en HD. Un grand pas en avant pour notre projet.
Aussi, avant de vous laisser découvrir la suite, nous sommes heureux de vous annoncer que nous sommes parus dans le dernier numéro du célèbre magazine : Carnet d’Aventures Voir l’article ici
Panama, Costa Rica et “Pura Vida”
Costa Rica
Le 12 novembre 2011, non sans émotions, nous quittons Alain et son voilier “Dérobade”qui nous mena jusqu’aux côtes du Panama.
A partir de là nous savons pertinemment que nous devons payer le prix fort des semaines passées à s’impregner de la culture brésilienne ou à s’émerveiller des paysages exceptionnels du Venezuela. Mais quoi de plus motivant que de savoir que nos familles et amis nous retrouvent à Tamarindo au Costa Rica, 1200km au Nord dans… 5 jours seulement… Nous sommes surmotivés et aucun de nous ne doute une seule seconde. Nous y arriverons en temps et en heures, réduirons nos heures de sommeil et saisirons toutes les occasions pour avancer un peu plus loin…
Nos 3 semaines de repos en famille nous ont fait beaucoup de bien et nous ont aussi offert l’occasion de réaliser des images d’un nouveau genre : Surf, animaux, et vie en famille…
Après notre épisode familial au Costa Rica, qui fait également partie de l’Amérique centrale, nous découvrons une série de petits pays dont nous ne connaissions vraiment pas grand-chose. Entre les volcans, les lacs et les « tortillas » à table, nous voici de nouveau dans une région du monde où les habitants vous accueillent à bras ouverts.
Dangereux ? Où ça ?
Les statistiques ont de quoi faire peur : en terme de nombre d’assassinats rapportés au nombre d’habitants, le Salvador est premier, suivi par le Honduras (respectivement 72 et 58 tués pour 100 000 habitants, en 2009; source Wikipedia). Le Guatemala n’est pas loin derrière en 6ème position avec 45, et on nous a souvent mis en garde contre le Nicaragua également, en particulier sa région frontalière avec le Costa Rica…
Du Niacaragua au Guatemala en passant par le Honduras et le Salvador. Entre volcans, lacs, océan, champs de canne à sucre et surtout accompagnés par l’hospitalité des autochtones… Avec notre nouvel objectif PENTAX 50mm F1.4 cumulé à notre expérience nous réussissons à réaliser quelques clichés intéressants : de superbes sourires d’enfants, des femmes aux couleurs resplendissantes et des volcans en éruption…
Etienne rejoint l’équipe Solidream pour traverser les USA
Voici plusieurs mois qu’Etienne nous a demandé s’il pouvait venir se joindre à nous, vivre l’aventure à nos côtés, passer dans les coulisses du projet Solidream. Pour nous il était clair que nous ne pouvions pas rater cette opportunité, celle de partager notre vécu avec un de nos meilleurs amis, déjà compagnon de voyage dans les années 2000. Et derrière les coulisses justement, Solidream est pour nous une très grande histoire d’amitié.
Etienne écrit :
“Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité” magnifique expression d’Antoine de St-Exupéry, qui pour moi prend tout son sens associée à SOLIDREAM. Voilà plus d’une année que mes amis sont partis réaliser leurs rêves, et sillonnent les routes du monde, à la découverte d’autres cultures, personnes, expériences, …
Nous venons de réaliser notre première vidéo en Haute Définition. Depuis le début de notre voyage nous filmons avec du matériel HD (et même du Full HD) mais c’est la première fois que nous éditons une vidéo sous ce format. Pourquoi nous ne l’avons pas fait avant ? Ce sont pour des raisons techniques principalement mais aujourd’hui, grâce à votre soutien, nous sommes en mesure de vous offrir des films en Haute Définition. Nous souhaitons remercier l’ensemble des donateurs sans qui nous ne pourrions réaliser de telles images.
Vidéo en HD – Alors que nous réalisons un tour du monde à vélo, la traversée de l’Amérique Centrale nous réserve de bien belles surprises. Du surf au Costa Rica au superbe lac Atitlàn du Guatemala en passant par les nombreux volcans du Nicaragua… sans oublier
Voici plusieurs mois qu’Etienne nous a demandé s’il pouvait venir se joindre à nous, vivre l’aventure à nos côtés, passer dans les coulisses du projet Solidream. Pour nous il était clair que nous ne pouvions pas rater cette opportunité, celle de partager notre vécu avec un de nos meilleurs amis, déjà compagnon de voyage dans les années 2000. Et derrière les coulisses justement, Solidream est pour nous une très grande histoire d’amitié.
Etienne écrit :
“Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité” magnifique expression d’Antoine de St-Exupéry, qui pour moi prend tout son sens associée à SOLIDREAM. Voilà plus d’une année que mes amis sont partis réaliser leurs rêves, et sillonnent les routes du monde, à la découverte d’autres cultures, personnes, expériences, …
Par manque de cran, par peur d’un je-ne-sais-quoi, voilà un an que les remords me rongent et que les regrets m’envahissent. Cela m’aura toutefois appris une chose : me voilà désormais sûr de mon envie et mon choix de rejoindre mes amis pour cette expérience.
Vous n’imaginez pas à quel point, l’excitation et la motivation est SOLIDE, depuis que j’ai eu la confirmation que j’allais pouvoir rejoindre la dream team pour 6 mois. Je vous assure que la pression, la monotonie et le stress du boulot est beaucoup plus agréable depuis l’annonce de cette nouvelle. Le compte à rebours est lancé; me voilà dans les préparatifs
Je ne sais pas trop comment exprimer à mes proches les sentiments qui m’animent à l’heure actuelle, je pense qu’ils comprennent mon choix.
En tout cas, ils savent à quel point l’amitié qui me lie à Solidream est grande, voilà pourquoi ils me soutiennent.
Vivement que je retrouve ma bande de potes…
Siphay, Brian, Morgan, un seul mot: SOLIDITE… ”
Si nous ne doutons pas de ses capacités physiques (des années d’athlétisme du haut de ses 1,96m) et mentales à relever les défis que nous projetons pour le futur, nous avons du réfléchir aux aspects sociaux et logistiques d’un quatrième membre… Notre système de décision « deux contre un » ne se sera plus valable et nous nous attendons à des « deux contre deux » difficile à solutionner et longs à débattre (mise en place de la bonne vieille méthode « pile ou face » ?). On ne se rend pas compte de l’importance d’un système qui paraît si simple, mais nous avons beau être les plus grands amis du monde, vivre en permanence ensemble sans jamais avoir son espace personnel est parfois délicat à supporter. Cela crée inévitablement des tensions que nous savons désormais bien gérer. A quatre, nous devrons réajuster certains paramètres.
De plus, être trois comporte de nombreux avantages et une personne de plus peut, par exemple, rendre le contact plus difficile dans les villages modestes d’Amérique Centrale ou d’Asie. Par conséquent, bénéficier de l’aide des gens sera peut-être désormais plus difficile. Nous reviendrons sûrement vers des solutions comme Couchsurfing pour être hébergés par exemple. D’un autre côté, nous aurons un larron supplémentaire pour entraîner le groupe vers l’avant. La motivation d’un membre de l’équipe se répand facilement sur les autres, et avoir une personne de plus signifie donc bénéficier d’un entrain encore plus important que celui que nous avons déjà à trois.
Nous nous sommes donc mis d’accord pour recevoir Etienne à Phoenix aux USA, le 10 Février 2012 pour remonter tous les quatre les Etats-Unis et le Canada jusqu’en Alaska. Cela représente environ 6 mois de voyage pour lui. Sur le chemin plusieurs challenges sont prévus, lui même n’est pas au courant de ce qui l’attend… Pas seulement du vélo bien entendu…
Guillaume Comines, un de ses meilleurs amis écrit :
Entrainement…
“Etienne, ou encore Franklin comme on l’appelle en Pays de Savoie, déborde de générosité et d’envie de partage. En effet, il est compliqué de ne pas s’entendre avec ce Sudiste affichant toujours un sourire “Colgate” et profitant des personnes et des moments présents.
Pour avoir voyagé quelques peu avec ce baroudeur au mode de vie bohémien sur certains aspects, il vous sera difficile de visiter un lieu sans passer par la case “hôpital”. A son tableau de chasse, les hôpitaux de Papeete, de Bayonne, de Montpellier, de Paris, de Corse ou encore de Croatie … (peut-être de Grèce ??).
Mais ses envies d’aller de l’avant rattraperont vite le retard passé à laisser son empreinte dans ces établissements pour ce roi de la fracture incontestée.
Enfin pour finir sur ce sportif accompli voyageant en général qu’avec un simple baluchon, c’est une personne qui aime aller à la découverte du monde et au contact de ses différentes populations. Je pense que ce projet pour lui reflète à merveille la philosophie de votre assoce “Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité”.
Bon voyage l’Aveyronnais.”
Notre grand ami (sans mauvais jeux de mots), nous t’attendons de pied ferme comme un cadeau de Noël. T’imaginer à nos côtés nous emplit d’envie pour relever de nouveaux défis. Tu es déjà et seras dans nos têtes et nos discussions sur ces derniers kilomètres qui nous mèneront jusqu’à Phoenix, au pays de l’oncle Sam. Prépares-toi bien, ça ne sera pas facile tous les jours !
“Du Niacaragua au Guatemala en passant par le Honduras et le Salvador. Entre volcans, lacs, océan, champs de canne à sucre et surtout accompagnés par l’hospitalité des autochtones…”
Après notre épisode familial au Costa Rica, qui fait également partie de l’Amérique centrale, nous découvrons une série de petits pays dont nous ne connaissions vraiment pas grand-chose. Entre les volcans, les lacs et les « tortillas » à table, nous voici de nouveau dans une région du monde où les habitants vous accueillent à bras ouverts.
Dangereux ? Où ça ?
Lago Atitlàn, Guatémala
Les statistiques ont de quoi faire peur : en terme de nombre d’assassinats rapportés au nombre d’habitants, le Salvador est premier, suivi par le Honduras (respectivement 72 et 58 tués pour 100 000 habitants, en 2009; source Wikipedia). Le Guatemala n’est pas loin derrière en 6ème position avec 45, et on nous a souvent mis en garde contre le Nicaragua également, en particulier sa région frontalière avec le Costa Rica. En général, les régions frontières de cette région du monde sont à éviter à cause du trafic de drogue qui transite énormément par ces pays pour aller vers l’occident, en particulier vers les USA : 90% de la cocaïne et 80% de la marijuana consommée aux Etats-Unis passent par l’Amérique centrale.
Pourtant, nous n’avons pas affaire ici à des voyous. Les regards ne sont pas agressifs, les gens vous appellent aussi « gringo » mais plus par la surprise de nous voir ici que de par une réelle mauvaise intention. Au Salvador et au Guatemala, il semblerait que la violence vienne essentiellement des gangs qui sévissent dans les capitales. C’est en discutant avec les locaux que nous apprenons que ces gangs sont nés aux USA. En effet, beaucoup de jeunes partent de manière illégale aux Etats Unis, certains d’entre eux se reconstituent une famille de « brothers » dans les ghettos de Chicago ou encore New York, sombrent dans le monde des gangs et se font arrêtés puis renvoyés dans leur pays. A leur retour, ils restent membres de la grande chaîne de la drogue (Colombie-Amérique Centrale-Mexique-USA) et reconstituent dans leur pays le schéma des gangs avec leurs « brothers » également expulsés des USA.
L’expérience Amérique centrale est donc bien différente de celle d’un autre endroit dangereux que nous avons traversé : le Venezuela (3ème dans la liste avec 52 homicides pour 100 000 habitants). Ici pas tellement de mises en gardes alarmistes mais plutôt des bras ouverts lorsque nous avons besoin d’un toit pour dormir. Brian raconte une de nos nombreuses rencontres : « Nous venions d’entrer en Honduras et la nuit tombait. Vu la réputation des frontières dans ce coin là, nous avancions vite pour s’en éloigner. Personnellement, en plus, je n’aime pas trop rouler la nuit, encore moins dans ces coins là. Une fois l’obscurité arrivée, nous demandons à une petite épicerie si l’on peut manger, mais ils nous disent qu’ils ne vendent pas de plat. Quelques secondes plus tard, la propriétaire des lieux vient nous voir et nous dit que l’on peut mettre nos hamacs dans le jardin et que nous pouvons utiliser sa cuisine. Naturellement ! Nous lui avons acheté quelques œufs pour manger avec notre riz. J’ai presque honte de moi de m’inquiéter alors que n’importe qui ici serait ravi de nous offrir ce qu’il a d’hospitalité. »
La région des volcans
Au Nicaragua, nous voyons une route sur la carte (imprimée depuis google map) qui s’écarte de la route panaméricaine et qui pourrait même être un raccourci. Ni une ni deux, nous voilà sur une petite piste qui passe entre les volcans. Nous sommes contents de s’être écartés de l’axe principal car nous découvrons de petits villages du fin fond du pays avec une ambiance qui nous change des camions de canne à sucre. La qualité de la route se dégrade et cela nous rappelle notre périple en Amazonie.
Siphay se rappelle une belle rencontre : « Alors que nous étions sur la côte guatémaltèque, Brian propose un détour par les terres. Je
Rencontre autour d’un ricard avec Arnaud et Sam à Antigua Guatémala
n’avais pas envie de monter jusqu’à plus de 2000 mètres d’altitudes en moins de 2 jours ni de retrouver le froid vu le peu de vêtements chauds dans nos affaires. Mais je lui fais confiance, ça a l’air de valoir vraiment le coup ! Le petit challenge commence bien, tout une après-midi d’ascension sous une pluie torrentielle. Le lendemain nous sommes enfin récompensés en arrivant dans cette superbe ville coloniale « Antigua » et en profitons pour nous offrir le luxe d’un café sur une terrasse de la place principale.
Arnaud vient aussi prendre son café, il nous salue après nous avoir entendus discuter en français. Il s’est installé ici il y a quelques années et tient une agence « Bon Voyage » avec son épouse originaire du pays. Par simple curiosité on lui demande qu’est-ce qu’il pense de notre choix d’itinéraire, il nous offre une carte de la région et estime le temps nécessaire pour le trajet choisit. Perso, je prends une claque en réalisant que cela représente une journée de montagne supplémentaire alors que le temps est compté à cause des rendez vous fixés pour les fêtes de fin d’année au Mexique. Mais notre nouveau copain insiste pour pas que nous manquions ce superbe site et souhaite nous offrir un aller simple en bus jusqu’au lac d’ « Atitlàn ».
Sur le point de renoncer à notre boucle dans cette région magnifique, que devons-nous faire ? Est-ce que Solidream signifie avancer seulement en vélo, quitte à rater des merveilles du monde ? Moi c’est bon les gars, en plus de nous offrir généreusement nos places pour le trajet, un de ses amis nous attend pour nous y recevoir ! Morgan et Brian sont du même avis. Nous lui proposons de lui offrir un verre en attendant la navette mais ce sera finalement Sam le patron de la petite crêperie qui nous régalera de verres de Ricard en plus des 3 litres de soda bien sucrés, une potion magique emportée pour les dures journées. »
Le « cul entre deux chaises »
Les volcans d'Amérique centrale
Du Panama jusqu’au Mexique, l’influence des USA se fait clairement ressentir : enseignes américaines, véhicules « pick-up » qui consomment un max, enseigne coca-cola à tout va et surtout pas mal de rencontres de gens qui sont partis vivre là-bas pour un temps (parfois longtemps). El Salvador, qui est un très petit pays de 7 millions d’habitants, a 2 millions de ses habitants qui habitent aux Etats-Unis (manière légale ou pas ?). Tous les gens qui nous abordent pour nous parler nous lançent directement des « What’s your name ? », « Hello, my friend !» ou encore « What’s up bro’ ?». Jousi nous a accueillis dans sa ferme alors que nous cherchions un endroit où passer la nuit. Extrait de journal de bord de Morgan : « Jousi allume le tuyau d’eau pour que nous puissions nous laver avant de passer à table. Il s’éclipse une petite heure, le temps pour nous de manger, et revient nous voir en pantalon et chemise. Il souhaite nous emmener rencontrer les gens du village, nous dit-il. Avec Siphay on le suit tandis que Brian reste surplace pour se reposer. Nous arpentons les ruelles mal éclairées de ce petit « Pueblo », Jousi nous explique que telle maison appartient à son grand père, que tel bâtiment est envahi lors des fêtes de village et nous montre les montagnes, éclairées par la pleine lune, qu’il aimait grimper avec son jeune frère. Emerveillés par la passion qui l’anime lorsqu’il nous parle de son passé, de son pays et de ses habitants, nous restons un moment silencieux à l’écouter. Puis nous arrivons chez son oncle, dans une petite cours où les branches s’entremêlent quelques centimètres au-dessus de nos têtes jusqu’à former un toit naturel. Les présentations faites nous écoutons Jousi parler avec son oncle des derniers ragots, histoires et rumeurs du village tandis que sa tante nous régale d’un café exceptionnellement bon accompagné de petits gâteaux sablés. Nous vivons l’ambiance, nous nous sentons bien. Nous finissons la soirée, assis dans son jardin. Je suis posé dans un hamac tandis que Jousi et Siphay sont installés sur de petits bancs en bois. Je regarde la lune en écoutant Jousi nous parler de la politique du pays, de la violence qui règne dans la capitale, de la soucoupe volante qu’il a aperçu lorsqu’il était enfant, de sa vie aux USA ainsi que sa passion pour la nature et les montagnes… »
Au-delà des chiffres, on peut aisément ressentir le regard tourné vers la partie du monde la plus riche. La manière de fonctionner change de l’Amérique du Sud : peu de folklore, peu de traditions. Même si certaines personnes, comme Jousi, affirment être revenues des USA pour la tranquilité, la famille et la nature qu’ils ne peuvent trouver que dans leur pays natal. Nous avons quand même constaté que les Etats-Unis apparaissent dans toutes les discussions, que le rêve américain est un fait et que l’attirance que les gens ici ont pour le pays de Barack Obama érode l’identité du pays, condamne le Salvador ou le Honduras à être assimilé à une banlieue des USA plutôt qu’un pays à part entière avec son histoire, sa langue, sa culture et son patrimoine…
Fin de l’expérience
Le 21 Décembre 2011, nous sommes au Guatemala à 60 kilomètres de la frontière du Mexique, prêts à passer en Amérique du Nord. Alors que nous avions tenu un bon rythme tout au long de la journée, le pédalier de Brian se rompt violemment. L’axe est brisé en deux. Impossible de réparer ni de rencontrer du matériel digne de ce nom dans cette partie du Guatemala… Nous voilà avec un vélo qui a autant d’utilité qu’un chariot de supermarché, c’est parti pour le Mexique !